L’École dans l’histoire : un patrimoine architectural et des collections exceptionnelles

Les Beaux-Arts de Paris forment un vaste ensemble architectural dont les bâtiments, répartis entre la rue Bonaparte et le quai Malaquais, datent des XVIIe, XVIIIe, XIXe et XXe siècles.

L’institution est l’héritière directe de l’Académie royale de peinture et de sculpture, fondée par Mazarin en 1648, et dissoute par la Convention en 1793. L’École académique et l’Académie d’architecture fusionnent en une seule institution sous l’Empire, donnant naissance à l’École des Beaux-Arts.

Celle-ci a été successivement installée au Louvre, au Collège des Quatre-Nations, rue Mazarine, puis, à partir de 1829, trouve son emplacement actuel, celui de l’ancien couvent des Petits-Augustins, rue Bonaparte.

La chapelle et ses bâtiments annexes, élevés au début du XVIIe siècle pour le couvent des Petits-Augustins sont les constructions les plus anciennes du site actuel. C’est là que fut aménagé par Alexandre Lenoir, en 1790, le célèbre musée des Monuments français qui rassemblait les éléments de sculptures françaises les plus remarquables. Sa vocation première était de réunir les copies des plus beaux édifices français, mais également d’abriter les monuments en péril et les trésors confisqués durant la Révolution, notamment les oeuvres de l’Ancien Régime menacées de destruction en raison de leurs marques d’appartenance à l’ordre religieux ou monarchique.

Avec le retour de la monarchie, Louis XVIII fait fermer le musée en 1816.

Les oeuvres religieuses sont restituées aux églises, certains monuments originaux remis en place (Tombeaux des rois) et d’autres laissés sur place. Les lieux sont ensuite affectés à l’École des Beaux-Arts.

L’architecte François Debret (1777-1850) est chargé d’y édifier de nouveaux locaux. Il fait construire le bâtiment des Loges, pour servir au déroulement des concours, et conçoit le Palais des études. Son élève et beau-frère Félix Duban (1797-1872) lui succède. Il achève la construction du Palais des études et fait édifier le bâtiment des expositions (salle Melpomène et salle Foch) qui donne sur le quai Malaquais. Il aménage les cours d’entrée côté rue Bonaparte, ainsi que la chapelle et le cloître (cour du Mûrier) de l’ancien couvent.

Le Musée des Monuments français a profondément marqué son temps et constitue une source d’inspiration importante pour Félix Duban, qui réutilise des éléments architecturaux et décoratifs, parfois disparates, restés en place après la dispersion des collections du musée. Il conçoit un ensemble original, dont l’attrait et la curiosité tiennent aussi à son incontestable unité.

C’est en 1883 que l’École connaît sa dernière grande extension avec l’achat de l’hôtel de Chimay et de ses annexes, datant des XVIIe et XVIIIe siècles, situés aux 15 et 17 quai Malaquais. Elle trouve alors sa forme définitive.