En 2017 les Beaux-Arts de Paris ont 200 ans ! La programmation

La programmation 2017 qui célèbre les 200 ans des Beaux-Arts de Paris sur le site de Saint-Germain, revient sur ce qui fait des Beaux-Arts un lieu unique en France et dans le monde : ici, depuis 200 ans, bat le coeur de la Cité, de ses mouvements et débats artistiques, culturels, intellectuels et politiques.

Les lieux où se situent aujourd’hui les Beaux-Arts de Paris lui ont été assignés par arrêté royal du 18 Septembre 1816, appliqué à partir du 1er janvier 1817.

Cette décision ouvrit la voie à un programme architectural unique, parcours à la fois pédagogique et symbolique où l’oeuvre est omniprésente et participe à la vie quotidienne de l’étudiant. Il fut en cela inspiré du Musée des Monuments Français tout juste fermé par la Restauration et qui occupait une partie des bâtiments qui seront dévolus à l’École, notamment l’Église des Petits Augustins. Le programme a permis la construction de bâtiments nouveaux, la transformation des bâtiments préexistants, puis au long des XIXe et XXe siècles, les agrandissements rendus nécessaires par l’augmentation du nombre d’étudiants et les réformes successives de l’enseignement.

Occupant deux hectares intégralement classés au titre des Monuments historiques en plein coeur de Paris, entre Saint-Germain-des-Prés et le Louvre, les Beaux-Arts de Paris ont été depuis lors au centre de la vie intellectuelle et artistique parisienne.

Une année d’inaugurations et de transformations profondes 2017 sera ainsi pour les Beaux-Arts de Paris une année de valorisation de ses bâtiments restaurés et modernisés, constituant la première étape d’une mise en valeur de son extraordinaire patrimoine architectural admiré dans le monde entier, comme de ses collections exceptionnelles.

L’Amphithéâtre d’honneur sera inauguré officiellement après une année de travaux et verra le retour en son sein du Romulus vainqueur d’Acron de Jean-Dominique Ingres, après sa restauration.

Première étape de rénovation du Palais des Beaux-Arts, la salle Melpomène retrouvera son lustre en prévision de l’accueil d’expositions temporaires. Elle se trouvera au coeur du parcours du futur Musée des Beaux-Arts, un espace muséal qui rendra enfin accessible au public les collections des Beaux-Arts devant être déclarées « Musée de France » en 2017.

Ce renouveau sera en outre visible de la rue grâce à la mise en lumière des façades du Quai Malaquais, première étape vers une revalorisation et d’une réouverture des entrées des Beaux-Arts côté quai.

À côté du pilier patrimonial, le second, celui des études, est également en cours de transformation.

Via Ferrata, la classe préparatoire intégrée aux concours d’entrée aux écoles d’art a ouvert ses portes en septembre 2016 et verra ses premiers étudiants se présenter aux examens au printemps 2017.

Premier projet mis en oeuvre par la nouvelle direction des Beaux-Arts, ce programme constitue une ouverture réelle et concrète au bénéfice des jeunes issus de la diversité sociale, culturelle et géographique de la région Île-de-France.

De nouveaux champs pédagogiques ont été ouverts par le recrutement de professeurs comme Emmanuelle Huynh, danseuse et chorégraphe et Joann Sfar, bédéiste. D’autres domaines artistiques seront représentés lors des prochains recrutements.

Enfin, les Beaux-Arts de Paris sont engagés dans un projet d’Institut des Arts Africains dans la future vallée de la culture à Rabat, signe de son attractivité et de son prestige international.

Une année d’expositions et d’évènements Les différents projets qui ponctueront ce 200e anniversaire réuniront des artistes et des oeuvres qui, bien qu’éloignés dans le temps, partagent un ancrage profond dans le politique. À travers plusieurs grandes scansions de l’histoire de l’art, ils permettront de dresser un panorama des relations croisées de l’idéologie et de sa forme, écrite, déclamée ou figurée de manière plus ou moins allégorique.

Les Beaux-Arts de Paris ont accueilli et formé les futurs artistes de la République d’abord balbutiante, allant de révolution en révolution, puis triomphante après 1871. Les grands débats et courants du XIXe et du XXe siècle ont traversé l’établissement, mobilisé ses étudiants et professeurs, parfois pour mieux s’en affranchir, par rejet de l’ordre académique, confondu avec l’autorité politique. En février, deux expositions présentées simultanément, en témoigneront : l’une à partir d’une sélection d’oeuvres des collections, l’autre sous forme de grande installation vidéo par l’artiste Julian Rosefeldt, toutes deux illustrant ces périodes de grands bouleversements.

Au XXe siècle, en plein mai 68, l’Atelier Populaire des Beaux-Arts, émanation de l’École occupée, fut le lieu de création et de production de plus de 300 affiches. À partir du mois d’octobre, l’exposition « Images en luttes » prendra pour point de départ cette collection, mettant en lumière les dix années de relations entre l’art et les mouvements d’extrême gauche qui ont marqué les années 1970.

Aujourd’hui comme hier, la conscience au monde des étudiants des Beaux-Arts, artistes potentiels de demain, traverse les enjeux politiques, économiques, technologiques de ce XXIe siècle mondialisé pour lequel la connaissance de l’histoire de l’art et de la pensée redevient une nécessité. Ces enjeux seront abordés en avril, par le grand colloque international traitant de « la valeur de l’art », en présence de grandes figures internationales. Puis, en mai, ils traverseront l’exposition des Félicités telle une photographie de la jeune création contemporaine diplômée des Beaux-Arts.

Les Beaux-Arts célèbreront aussi les grands artistes d’hier et d’aujourd’hui : dès janvier, d’Ingres, figure tutélaire et écrasante de l’enseignement aux Beaux-Arts, une sélection de feuilles sera présentée aux côtés de celles de ses élèves ; puis en octobre, dans la cour vitrée du Palais des études, une exposition inédite et monumentale consacrée aux sculptures en briques de l’artiste danois Per Kirkeby.

La programmation 2017 : expositions et événements

• Se souvenir

Ingres et ses élèves
26 janvier – 29 avril 2017, Cabinet des dessins Jean Bonna

• Revendiquer

Manifesto
L’École de la République : d’Antigone à Marianne dans les collections des Beaux-Arts de Paris
24 février - 20 avril 2017, Palais des Beaux-Arts

• Se passionner

L’exposition des acquisitions du Cabinet des amateurs de dessins
22 – 27 mars 2017, Salon du dessin, Palais Brongniart

• S’exprimer

Colloque international « La Valeur de l’art »
26 et 27 avril 2017, Palais des Beaux-Arts

• Soutenir

Exposition des diplômés félicités
20 mai - 14 juillet 2017, Palais des Beaux-Arts

• Célébrer

Per Kirkeby
17 octobre – 15 décembre

• Lutter

Images en lutte (1968-1977). La culture visuelle de l’extrême gauche
20 février – 20 mai 2018, Palais des Beaux-Arts