Les explorateurs

Enseignante

Hélène DELPRAT

« Le fonds Maciet apparait à notre regard comme une oeuvre d’art en soi, un gigantesque et audacieux collage, avec ses coq-à l’âne poétiques, ses obsédantes séries d’images orphelines de leur contexte. Utile, elle est belle aussi et, comme toute oeuvre d’art, se révèle une puissante « machine à rêves ».

Malgré son exhaustivité encyclopédique, Jules Maciet ne prétend pas livrer une explication de l’univers. Intimement convaincu que seule une vaste culture visuelle peut contribuer à élever le niveau artistique de ses contemporains, ce « prince du siècle des dictionnaires » leur livre le monde comme une intarissable source d’inspiration. La collection Maciet est le plus beau répertoire de formes qu’on puisse imaginer .» Jerôme Coignard, Le vertige des Images.

« Jules Maciet était obsessionnel sûrement, fou peut-être. » Helène David Weill.

Objectifs

Explorer une collection sans idées préconçues, découvrir grâce à elle « ces choses disparates » qui nous constituent. Tenter progressivement de les identifier, de les analyser et de leur donner forme. Utiliser le dessin et l’écriture comme outil d’inventaire, d’analyse et de déchiffrage.

La pensée traversant la main se révèle grâce aux images dessinées. Elle se précise. On sort du chaos. Le corpus de dessins et d’images, telle une banque de données s’amplifie jour après jour {comme une grande tapisserie, une bande d’images, un film rêvé}. Il s’organise comme une sorte de partition.

Partition que l’on pourra présenter, commenter, sectionner, amputer, augmenter. Ce corpus commence à dévoiler, grâce aux images examinées, une sorte de carte de soi-même et un monde qui s’ouvre.

Contenu et méthodes

Se documenter et mener des recherches par les moyens dont nous disposons : bibliothèques numériques, bibliothèques et collections est indispensable tout au long de l’année. Le cours à lieu chaque mardi matin ou après-midi à la Bibliothèque du Musée des Arts décoratifs, et plus précisément à la Collection Maciet (« l’homme qui collectionnait les images »).

5000 volumes sans aucun texte explicatif constituent une extraordinaire encyclopédie« collée à la main » qui préfigure toutes nos bases de données internet. L’objectif est de se concentrer sur les albums, de voyager dans la collection, de choisir des pages et dans un premier temps de les dessiner simplement, sans interprétation. Noter les chemins que l’on emprunte pour ce voyage dans les livres. Constituer sa propre encyclopédie dessinée puis l’enrichir de photos, d’images, de films, et de textes…

Un même format 21× 29 sera utilisé. Pas de carnets Au second semestre, la réflexion graphique se poursuit. Le« Mnémosyne de poche » s’enrichit, se développe et se ramifie. On pourrait l’appeler le Réseau Mnémosyne.

L’observation de dessins réalisés sans intention esthétique tels les diagrammes, notations chorégraphiques, cartes, plans et constructions mathématiques…

« Regardez cette page et dites-moi si je suis fou ? », Mallarmé à propos du manuscrit du Coup de dés, aide à préciser la réflexion sur le dessin par le dessin. Foisonnement des représentations. Classification et constitution d’albums. Le dessin« à la main » est le médium privilégié mais non exclusif.

Il peut se compléter selon le désir de l’étudiant et les exigences du projet naissant.

Évaluation

Assiduité. Les qualités appréciées sont la curiosité, l’ouverture à tout ce qui peut affiner la pensée. La capacité à réfléchir « transversalement » et à proposer des chemins d’expérimentation par le dessin. Les recherches doivent se poursuivre en dehors des heures de cours. Au premier semestre :

suivi hebdomadaire du travail et de l’évolution des propositions de manière individuelle ou collective. Présentation des travaux en fin de semestre.

Au second semestre : suivi mensuel des recherches et de l’évolution des propositions de manière collective. Présentation du projet dans sa forme la plus avancée en fin de semestre.

Année d’études : 1 ; 2