Les explorateurs

Enseignant

Hélène Delprat

“What a Phantasmagoria the mind is and meeting place of dissemblables ! Of what odds and ends are we compounded, she said.” « Quelle fantasmagorie le cerveau… Quel rassemblement de choses disparates… De quel bric-à-brac sommes-nous faits, dit-elle.» (Virginia Woolf, Orlando)

Les gens pensent que tout a un sens. Et un seul sens. On pense que ce qui est important, c’est d’être clair : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. » Et bien justement non, il ne faut pas que les mots arrivent aisément, et il est plus intéressant d’aller chercher dans le non-clair. (Claude Régy, L’état d’incertitude)

Objectifs

Explorer sans idées préconçues, découvrir « ces choses disparates » qui nous constituent. Tenter progressivement de les identifier, de les analyser et de leur donner forme. Utiliser le dessin comme outil d’inventaire, d’analyse et de déchiffrage. La pensée traversant la main se révèle grâce au dessin.

Peu à peu, elle se précise. On sort du chaos. Le corpus de dessins et d’images, telle une banque de données s’amplifie jour après jour (comme une grande tapisserie, une bande d’images, un film rêvé). Il s’organise comme une sorte de partition. Partition que l’on pourra présenter, commenter, sectionner, amputer, augmenter. Ce corpus commence à dévoiler une sorte de carte de soi-même et un monde qui s’ouvre.

Contenu et méthodes

Se documenter et mener des recherches par les moyens dont nous disposons (ressources numériques, bibliothèques et collections, etc.) est indispensable tout au long de l’année. Jour après jour constituer tel « un Projet Mnémosyne de poche » un fonds personnel d’images, de textes, de films, d’articles, de listes, et s’y perdre. En miroir, constituer par le dessin, l’écriture, les notes et les schémas un répertoire vivant et varié de formes. Elles peuvent être inventées et/ou inspirées de la réalité, des rêves et/ou des oeuvres, quelles que soient leur médium ou leurs époques. On peut aborder le dessin comme écriture automatique, et laisser naître des figures énigmatiques. L’objectif du cours n’est pas la virtuosité du dessin lui-même mais l’aptitude à l’utiliser comme « image de pensée ». L’observation de dessins réalisés sans intention esthétique tels les diagrammes, notations chorégraphiques, cartes, plans et constructions mathématiques… (« Regardez cette page et dites-moi si je suis fou ? » : Mallarmé à propos du manuscrit Un coup de dés jamais n’abolira le hasard) aide à préciser la réflexion sur le dessin par le dessin. Foisonnement des représentations. Classification et constitution d’albums. Le dessin « à la main » est le médium privilégié mais non exclusif. Il peut se compléter selon le désir de l’étudiant.e et les exigences du projet naissant.

Évaluation

Assiduité. Les qualités appréciées sont la curiosité, l’ouverture à tout ce qui peut affiner la pensée. La capacité à réfléchir « transversalement » et à proposer des chemins d’expérimentation par le dessin. Les recherches doivent se poursuivre en dehors des heures de cours.

Au premier semestre : suivi hebdomadaire du travail et de l’évolution des propositions de manière individuelle ou collective. Présentation des travaux en fin de semestre.

Au second semestre : suivi mensuel des recherches et de l’évolution des propositions de manière collective. Présentation du projet dans sa forme la plus avancée en fin de semestre.

Année d’études : 1 ; 2